En ce moment
Vivian Suter, Sharon Eyal, Thao Nguyen Phan, Chalisée Naamani, Rammellzee
12 juin 2025 – 7 septembre 2025, Palais de Tokyo, Paris
Deux expositions monographiques, Disco de Vivian Suter, une immersion dans sa peinture gestuelle avec près de 500 toiles et The Sun Falls Silently de Thảo Nguyên Phan, méditation poétique sur la mémoire et les figures historiques entre France et Vietnam. Deux installations immersives, Octogone de Chalisée Naamani, transforme l’espace en arène de “vêtements-images” entre corps, archives et identité et ALPHABETA SIGMA (Face A) de Rammellzee, exploration plastique et futuriste du langage graphique.

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Tisser l'hybride
Chloe Bensahel
29 février 2024 – 16 juin 2024, Palais de Tokyo, Paris
Ce qui est (très) bien avec le Palais de Tokyo c'est que l'on y est (très) rarement surpris... sauf par le travail de Chloe Bensahel.

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Ma pensée sérielle
Miriam Cahn
17 février 2023 – 14 mai 2023, Palais de Tokyo, Paris
Une accumulation de croquis par lesquels Miriam Cahn prétend exprimer la violence du monde sans jamais en préciser l’objet, imposant le recours aux médiateur·ices pour tenter de comprendre de quoi il est question.

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Dioramas
Exposition thématique
14 juin 2017 – 10 septembre 2017, Palais de Tokyo, Paris
Un voyage immobile au croisement de l’histoire, de l’art, du cinéma, du monde de la scène et des arts forains !

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Aquaalta
Céleste Boursier-Mougenot
24 juin 2015 – 13 septembre 2015, Palais de Tokyo, Paris
Une traversée stupéfiante des eaux infernales du Palais de Tokyo dans la barque de Charon !

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Lieux

Artistes

Edito
Expositions
Filtrer les expositions selon un regard subjectif :


Les champs de blés mauves et les prés rouge sang
Le tronc des arbres bleu le feuillage ocre ou brun
Les agneaux verts les chèvres jaunes et les vaches argentées
Le ruisseau de mercure et la mare de plomb
La ferme en sucre roux l’étable en chocolat
Pourquoi pas pourquoi pas pourquoi pas pourquoi pas

Raymond Queneau, Apprendre à voir, Battre la campagne (1968)

Regarder...
15 secondes, c’est le temps que, statistiquement, les visiteurs d’un musée accordent à une œuvre.

Un délai qui peut sembler un peu bref pour une expérience qui sollicite la sensibilité, les savoirs, la sagacité, l’imaginaire…

Car regarder une œuvre, c’est en déterminer le thème, le genre, le style ;
Identifier le récit, l’action, les personnages ; s’interroger sur les postures, la gestuelle, l’expression des visages et le jeu des regards ;
Décoder les signes, symboles et allégories ;
Discerner les références iconographiques, les conventions culturelles et les significations historiques ;
Analyser la composition, le regroupement des formes, les lignes de force, le cadrage ; examiner la facture, le geste de l’artiste, la qualité de la matière picturale ;
Contempler la lumière, les jeux de clair-obscur, la maîtrise des couleurs, le rendu des matières ;
Considérer sa valeur symbolique, le prestige social, culturel, intellectuel dont jouissent ses possesseurs ;
S’interroger sur les intentions de l’artiste et les ambitions de ses commanditaires…

Combien de temps faut-il pour adopter ces multiples points de vue et répondre à ces questions ? 10, 20, 60 secondes, un quart d’heure, une journée ?

Toute œuvre est un carrefour où se rencontrent des réalités hétérogènes.

Objet matériel ou virtuel ;
Expression d’un récit politique, mythologique ou sacré ;
Manifestation d’une culture ;
Témoin d’une époque et de ses valeurs ;
Accomplissement d’un savoir-faire technique ;
Résultat de choix esthétiques et formels ;
Support de connaissances et d’interprétations ;
Objet de désir, de fascination ou de rejet ;
Marque de prestige, de distinction ou de pouvoir ;
Matérialisation d’une pensée, d’une croyance ou d’une vision du monde ;
Source d’émotions, de souvenirs et d’associations ;
Marchandise, patrimoine ou placement financier…

Chacune de ces dimensions influence la manière dont nous percevons et comprenons l’œuvre. Cette perception se transforme continuellement à mesure que nous la regardons, découvrons de nouvelles informations, approfondissons notre réflexion ou remettons en question nos certitudes.

Commence ainsi le chemin sans fin d’une œuvre dans nos esprits.

Chaque découverte éclaire l’ensemble de l’œuvre, qui nous conduit alors à réexaminer ses détails sous un jour nouveau. Ce va-et-vient permanent entre les parties et le tout nourrit une interprétation toujours renouvelée.

Un chemin sans fin, où l’œuvre elle-même nous invite à produire de nouveaux sens et à formuler de nouvelles interrogations.

À repenser ses contextes.

À remettre en cause nos connaissances.

À regarder toujours plus précisément ses détails…

Alors, combien de temps ?

Qui sait ?

Pour une œuvre d’art, une vie n’y suffira peut-être pas.


Pour aller plus loin...