In the American West
30 avril 2025 – 4 octobre 2025, Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris
En 1985, Avedon crée son magnum opus – In the American West. Il y dresse le portrait des travailleurs de la classe ouvrière : bouchers, mineurs, détenus et serveuses, photographiés avec un souci du détail extrême, utilisant un appareil grand format et un fond blanc épuré, caractéristique de son style mature. Malgré leur apparente simplicité et objectivité, ces portraits ne doivent pas être perçus comme de simples enregistrements de la réalité. Comme l’affirme Avedon : "Le moment où une émotion ou un fait est transformé en photographie, il cesse d’être un fait pour devenir une opinion".

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Véhiculaire & Vernaculaire
1 juin 2024 – 15 septembre 2024, Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris
Un style direct, dépouillé, presque neutre, pour capturer la beauté d’espaces ordinaires de l’Amérique des années 1970 : espaces suburbains et ruraux, stations-service, chambres de motel, autoroutes et restaurants… Ces photographies qui documentent ces lieux et ces objets du quotidien avec une précision minutieuse proposent une réflexion sur le regard, la banalité et la signification que prennent les lieux dans notre mémoire collective…

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Lieu

Artistes

Edito
Regarder...
15 secondes, c’est le temps que statistiquement les visiteurs d’un musée accordent à une œuvre.

Un délai qui peut sembler un peu bref pour une expérience qui sollicite la sensibilité, les savoirs, la sagacité, l’imaginaire…

Car regarder une œuvre, c’est en déterminer le thème, le genre, le style ; identifier le récit, l’action, les personnages ; s’interroger sur les postures, la gestuelle, l’expression des visages et le jeu des regards ; décoder les signes, symboles et allégories ; discerner les références iconographiques, les conventions culturelles et les significations historiques ; analyser la composition, le regroupement des formes, les lignes de force, le cadrage ; examiner la facture, le geste de l’artiste, la qualité de la matière picturale ; contempler la lumière, les jeux de clair-obscur, la maîtrise des couleurs, le rendu des matières ; considérer sa valeur symbolique, les prestiges social, culturel, intellectuel dont jouissent ses possesseurs ; s’interroger sur les intentions de l’artiste et les ambitions de ses commanditaires…

Combien de temps faut-il pour adopter ces multiples de points de vue ? 10, 20, 60 secondes, un quart d’heure, une journée ?

... vivre.
Toute œuvre est une combinaison de multiples dimensions : objet matériel, ou virtuel ; expression d’un récit politique, mythologique, sacré ; manifestation d’une culture ; produit d’une époque ; accomplissement d’un savoir-faire technique ; sujet de désirs ; marque de vanité ; matérialisation d’une pensée ; placement financier…

Chacune de ces facettes influence la manière dont nous percevons et comprenons l’œuvre. Cette perception en constante évolution au fur et à mesure où nous la regardons, où nous découvrons de nouvelles informations, où nous approfondissons notre réflexion et où nous remettons en question nos idées préconçues, nous ouvre de nouvelles perspectives, modifie continuellement notre perception de l’œuvre.

Commence ainsi le chemin sans fin d’une œuvre dans nos esprits.

Chaque nouvelle découverte d’un aspect ou d’un détail enrichit notre perception globale, qui, à son tour, nous incite à revisiter les détails sous une lumière nouvelle. Ce cercle herméneutique nous engage dans une dynamique d’interprétation vivante, toujours en expansion, en approfondissement. Un chemin sans fin, où l'œuvre nous incite à lui découvrir de nouveaux sens et à formuler de nouvelles interrogations.

À repenser ses contextes.

À remettre en cause nos connaissances.

À regarder toujours plus précisément ses détails…
Alors, combien de temps ?

Qui sait ?

Pour une œuvre d’art, une vie n’y suffira pas.


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