Héritier de la tradition des enseignes peintes et de la peinture populaire urbaine du Ghana, Kwame Akoto développe depuis les années 1970 une œuvre singulière où se mêlent culture visuelle vernaculaire, spiritualité chrétienne, satire sociale et observation du quotidien. Ses peintures témoignent de l’essor des scènes artistiques populaires africaines après les indépendances, dans un contexte de profondes mutations sociales, religieuses et urbaines.
Réalisées à la peinture industrielle sur bois, toile ou panneaux commerciaux, ses œuvres empruntent autant à la signalétique urbaine qu’à l’imagerie religieuse et publicitaire. Couleurs vives, compositions frontales, textes peints, slogans moraux et personnages stylisés composent un langage immédiatement lisible destiné à interpeller directement le spectateur.
Mais derrière l’apparente simplicité de ces images se déploie une réflexion plus vaste sur les tensions de la société contemporaine : corruption, inégalités sociales, religion, violence, désir d’ascension ou conflits entre traditions et modernité. Kwame Akoto transforme ainsi la peinture populaire en outil critique et spirituel, où humour, morale et prophétisme coexistent.
Ces images longtemps considérées comme marginales ou "artisanales" occupent aujourd’hui une place essentielle dans l’histoire de l’art contemporain africain et dans les débats sur la reconnaissance des cultures visuelles non occidentales.
Le dossier de presse de cette exposition
Commissaire général : Sarah Ligner, responsable de l’unité patrimoniale Mondialisation historique et contemporaine du musée du quai Branly – Jacques Chirac