Des céramiques de Lucio Fontana réalisées entre les années 1930 et 1960, mettant en lumière une part moins connue mais essentielle de son œuvre. Du monumental Torso Italico aux animaux, fruits et coquillages d’Albisola, puis aux scènes de bataille, crucifixions et Natura, l’exposition révèle l’extraordinaire diversité d’une pratique de la terre cuite poursuivie pendant trente ans.
Le propos. La céramique permet à Fontana d’explorer directement les possibilités expressives de la matière. À Albisola, les couleurs lumineuses et les formes organiques donnent naissance à un univers presque animé ; après la guerre, les corps s’affrontent, s’entrelacent ou se tordent sous la pression du geste. À la fin des années 1950, les Natura, masses sphériques entaillées et creusées inspirées notamment par les premières images des cratères lunaires, portent cette recherche vers des formes plus élémentaires où matière et espace deviennent indissociables.
Né en 1899 à Rosario, en Argentine, Lucio Fontana apprend la sculpture auprès de son père avant de se former auprès du symboliste Adolfo Wildt à l’Accademia di Brera. Il fait dès 1930 de la céramique l’un de ses matériaux privilégiés et travaille notamment à la Manufacture de Sèvres et dans l’atelier de Tullio Mazzotti à Albisola. L’exposition permet d’en suivre les métamorphoses : Torso Italico (1938), massif et fragmentaire ; le facétieux Coccodrillo (1936-1937) ; Battaglia (1947), où les combattants se confondent dans une chorégraphie presque électrique ; les crucifix et dépositions, modelés avec une grande violence gestuelle ; enfin les Natura, formes telluriques qui concluent cette longue expérimentation de la terre.