Né à Paris en 1920 au sein d'une famille de médecins et d'artistes, Olivier Debré se destine d'abord à l'architecture avant de se consacrer entièrement à la peinture au début des années 1940.
Après des débuts marqués par l'impressionnisme et une figuration encore présente, il s'oriente progressivement vers l'abstraction gestuelle et devient l'une des figures majeures de la peinture française de la seconde moitié du XXᵉ siècle.
Voyageur infatigable, il puise dans ses expériences et dans son attachement à la Loire une source constante de renouvellement jusqu'à sa disparition en 1999.
La peinture d'Olivier Debré est avant tout une expérience physique. Travaillant souvent sur de très grands formats, il recherche moins la représentation du monde que la traduction d'une sensation.
La couleur, déployée en larges étendues ou en gestes amples, lui permet de saisir la lumière, le mouvement et l'espace.
Les esquisses, maquettes et séries de variations témoignent d'un processus de création où l'intuition et l'expérimentation occupent une place essentielle.
L'œuvre d'Olivier Debré trouve son origine dans le paysage et dans l'émotion qu'il suscite.
Ses toiles ne décrivent pas un lieu ; elles en restituent l'atmosphère, les variations lumineuses et l'intensité sensible.
Au fil des décennies, ses compositions s'ouvrent à des formats toujours plus vastes, faisant de la peinture un espace immersif dans lequel le regard et le corps du spectateur sont invités à entrer.
Les rideaux de scène réalisés pour la Comédie-Française et les opéras de Hong Kong et de Shanghai constituent un chapitre singulier de son œuvre.
Conçus à des échelles monumentales, ils l'obligent à repenser son geste et à transposer sa peinture dans l'espace architectural du théâtre. La couleur n'y est plus seulement un champ de sensation : elle devient un événement visuel qui annonce, accompagne et prolonge le spectacle, transformant la peinture elle-même en scène.
Le dossier de presse de cette exposition
Commissariat : Marine Rochard, docteure en histoire de l'art contemporain et spécialiste de l'abstraction internationale d'après-guerre (1940-1970).