Autodidacte et employé de l’octroi de Paris — ce qui lui vaut le surnom de « Douanier Rousseau » — Henri Rousseau commence à exposer tardivement. Longtemps moqué par la critique pour son style jugé maladroit, il est pourtant admiré par de nombreux artistes d'avant-garde, de Picasso à Delaunay.
Sa peinture se caractérise par des contours nets, des couleurs franches, une perspective volontairement simplifiée et une attention minutieuse aux détails. Ses célèbres jungles exotiques, composées à partir d'observations de jardins botaniques, de gravures et de récits de voyage, mêlent réalisme, imagination et rêve.
Parmi ses œuvres les plus connues figurent Le Rêve, La Charmeuse de serpents, Le Lion ayant faim se jette sur l'antilope ou encore Moi-même, portrait-paysage. Son univers singulier exercera une influence durable sur les surréalistes et sur l'art moderne.
Le poète Guillaume Apollinaire compte parmi ses plus fervents défenseurs. Dès les années 1900, il reconnaît l'originalité de son œuvre et contribue à sa réhabilitation auprès des milieux artistiques. À la mort du peintre en 1910, Apollinaire lui rend hommage par une épitaphe devenue célèbre, saluant en Rousseau un créateur libre ayant su inventer un monde entièrement personnel.
"Gentil Rousseau tu nous entends
Nous te saluons
Delaunay sa femme Monsieur Queval et moi
Laisse passer nos bagages en franchise aux portes du ciel
Nous t'apporterons des pinceaux des couleurs et des toiles
Afin que tes loisirs sacrés dans la lumière réelle
Tu consacres à peindre comme tu tiras mon portrait
La face des étoiles."
Guillaume Apollinaire, 1910
Le dossier de presse de cette exposition
Commissaire général : Juliette Degennes, conservatrice du patrimoine, musée de l’Orangerie, Paris
Christopher Green, professeur émérite, Courtauld Institute of Art, Londres
Nancy Ireson, conservatrice consultante, Barnes Foundation, Philadelphie