Avec ses mobiles et ses stabiles, Alexander Calder ne cherche ni à représenter le réel ni à le figer, mais engage une redéfinition radicale de la sculpture en captant des forces invisibles — l’air, la gravité, le rythme, le hasard — pour produire des œuvres qui existent comme des systèmes vivants.
Ses sculptures ne sont pas des objets, mais des tensions en équilibre, toujours susceptibles de se transformer, où chaque mouvement, même infime, reconfigure l’ensemble.
Son projet est de libérer la sculpture de la masse et de l’immobilité pour y introduire le temps comme dimension essentielle.
Le mouvement n’y est pas un effet mais un principe : une manière d’inscrire l’œuvre dans une relation directe avec le monde — ses flux, ses variations, son instabilité.
En laissant ses mobiles réagir aux courants d’air, en intégrant l’aléatoire et l’imprévisible, Calder renonce à toute maîtrise totale pour faire de l’œuvre un champ d’expériences ouvert, où l’équilibre naît d’un dialogue permanent entre contrôle et hasard.
Ses œuvres instaurent une poésie concrète où le regard ne se fixe jamais, mais accompagne un devenir.
Elles ne représentent pas le monde : elles en rejouent les conditions mêmes — instabilité, transformation, circulation — et invitent le spectateur à en faire l’expérience sensible.
L’exposition de la Fondation Louis Vuitton rassemble mobiles et stabiles, mais aussi dessins, peintures, bijoux et installations, révélant un langage sculptural inédit fondé sur des matériaux simples — fil de fer, métal, bois, objets du quotidien — assemblés en structures mobiles ou fixes.
Le parcours, à la fois chronologique et thématique, débute avec le Cirque Calder, véritable laboratoire performatif, puis suit le passage à l’abstraction et l’invention des mobiles dans les années 1930, avant de se déployer vers les Constellations, les œuvres monumentales et les dernières sculptures, dans un dialogue constant avec l’espace et le mouvement.
Né en 1898 aux États-Unis, Calder s’installe à Paris en 1926 où il s’intègre aux avant-gardes.
Ingénieur de formation, il révolutionne la sculpture en y introduisant le mouvement réel et développe, entre Europe et États-Unis, une œuvre majeure jusqu’à sa mort en 1976, redéfinissant durablement les frontières de l’art moderne.
Le dossier de presse de cette exposition
Commissariat général : Suzanne Pagé, directrice artistique de la Fondation Louis Vuitton, commissaire générale
Dieter Buchhart et Anna Karina Hofbauer, commissaires invités, assistés de Valentin Neuroth et Claire Deuticke
Olivier Michelon, commissaire associé, assisté de Léna Lévy