Edito
Le dernier musée
Né en 1916 à Taplow, en Angleterre, et mort à Paris en 1986, Brion Gysin est l'une des figures les plus originales et les plus inclassables de l'avant-garde du XXᵉ siècle.
Très tôt confronté à des univers culturels différents, il développe un goût profond pour le voyage, les langues et les formes artistiques non occidentales. Il séjourne longuement au Maroc, dont la culture marque durablement son œuvre, et fréquente à Paris puis à New York les milieux littéraires et artistiques de l'après-guerre.
Ami et collaborateur de William S. Burroughs, il participe à l'émergence des contre-cultures des années 1950 et 1960.
Refusant de se limiter à une discipline particulière, il mène une existence entièrement consacrée à l'expérimentation et fait de l'art un espace de circulation entre les mots, les images, les sons et les cultures.
L'œuvre de Brion Gysin se caractérise par une constante remise en question des formes et des procédés de création.
Peintre, dessinateur, calligraphe, poète et performeur, il multiplie les pratiques et les fait dialoguer les unes avec les autres.
Fasciné par la répétition, la permutation et le hasard, il met au point avec William S. Burroughs les techniques du *cut-up* et du *fold-in*, qui consistent à découper puis recomposer des textes afin de produire des rapprochements inattendus et de faire surgir de nouvelles significations.
Dans ses œuvres plastiques, il explore également les ressources du geste calligraphique, inspiré notamment par les écritures arabe et japonaise, dont il retient la puissance rythmique et expressive.
Ses performances et ses expérimentations sonores prolongent cette recherche en faisant de la perception elle-même le véritable matériau de l'œuvre.
Les créations de Brion Gysin sont traversées par le mouvement, le rythme et l'idée de transformation.
Ses peintures calligraphiques, composées de signes répétés et de tracés dynamiques, évoquent moins une écriture à déchiffrer qu'une énergie en action.
Ses poèmes sonores et ses collaborations avec William S. Burroughs interrogent les pouvoirs du langage et ses effets sur la conscience.
Son invention la plus célèbre demeure la *Dreamachine*, dispositif constitué d'un cylindre perforé tournant autour d'une source lumineuse. Destinée à être regardée les yeux clos, cette machine produit des pulsations lumineuses qui modifient l'expérience perceptive du spectateur.
À travers ces œuvres multiples, Brion Gysin poursuit une même ambition : faire de l'art un moyen d'élargir les modes de perception, de déstabiliser les habitudes de pensée et d'ouvrir l'esprit à d'autres façons d'habiter le monde.
Le dossier de presse de cette exposition
Commissaire général : Olivier Weil
Hélène Leroy, conservatrice en chef du patrimoine
Assistés de Juliette Theureau
Exposition : Le dernier musée
Artiste : Brion Gysin
10 avril 2026 – 12 juillet 2026 , Musée d'Art Moderne, Paris