Marcel Bourgoin

Ma carrière Militaire

"C’est le jour même de ma naissance, le 25 octobre 1889, à la caserne de gendarmerie de Nogent-sur-Seine que commença ma vie militaire. Car, "dans ces petits monastères où se conserve intacte la religion du devoir et de l’honneur" (général baron Ambert) la discipline, toute militaire, était stricte pour tous, parents et enfants.

J’avais à peine huit mois lorsque survint ma première mutation : mon père, Camille Bourgoin, gendarme, fut nommé à Châlons-sur-Marne pour remplir, au chef-lieu de la 6e légion, l’emploi d’adjoint au brigadier Pierlo, secrétaire du colonel. Un tel poste lui assurait un avancement rapide ; trois ans après, il était promu au grade de brigadier en résidence à Plancy où il demeura de 1893 à 1896. C’est dans la cour de cette caserne de Plancy qu’ont pris naissance mes premiers souvenirs militaires. Je revois encore très bien ces trois gendarmes de la brigade coiffés du légendaire bicorne, portant sur la tunique aiguillettes blanches et baudrier de giberne, manœuvrer au commandement de mon père..."

Les mémoires
Pages des mémoires de Marcel Bourgoin
Page 23, 1er octobre 1913, Saint-Maixent-l'École
Le 1er octobre 1913, accompagné selon l’ordre reçu "d’une cantine et de quoi se raser soi-même", je pris, avec mes camarades Morel du 46e R.I. et Denis du 31e R.I., le train en gare d’Orsay pour Poitiers et Saint-Maixent. (...)

Dès que nous fûmes sortis de la gare, le sergent (et non pas le lieutenant) commanda d’une voix ferme : "Rassemblement" et puis "Allons, Messieurs, rapidement". Car nous avions hésité, quelques secondes... nous demandant si vraiment ce commandement d’un sergent s’adressait bien à nous ! Il nous fallut vite nous rendre à l’évidence. Nous étions sérieusement "mis en boîte" et c’est en colonne par 4, conduit par le sergent qui accentuait son autorité de : "Relevez le pas, messieurs" que nous gagnâmes la cour de l’école tant désirée ! Nous avons compris sur-le-champ ce que voulait dire cette "prise en main", à savoir que nous ne serions des officiers qu’à la sortie de l’école, un an plus tard. Et à condition toutefois qu’on veuille et puisse fournir un travail incessant, intellectuel et physique.
Page 65, Nice, hôpital temporaire de l’Hermitage
La vie d’hôpital dans cet hôpital temporaire de l’Hermitage n’avait rien de commun avec la vie du front que je venais de mener pendant huit mois. Il y avait d’abord le soleil qui contribua largement à la cicatrisation de ma plaie, puis la tranquillité due à l’éloignement des zones de tir et enfin, pourquoi ne pas le dire ? Il y avait les infirmières, jeunes pour la plupart, et dont certaines ne craignaient pas le flirt.
Et c’est là que j’ai fait mon choix parmi celles qui, au contraire, cherchaient à ne pas se faire remarquer. Mais à cette époque, un homme correct ne pouvait pas se déclarer sans avoir été présenté et bien entendu, sans passer par les parents. C’est ainsi que désireux d’être connu de Melle Lacuire, j’en fis part à l’aumônier, l’abbé Prat, qui prit rendez-vous avec Mr Lacuire, professeur d’allemand au lycée, pour une présentation et une demande en règle.
Mais nous étions en guerre... et Mr Lacuire ne me connaissait pas et ignorait tout de ma famille. Tout en m’accueillant avec une parfaite courtoisie, il refusa de faire part de ma démarche à sa fille avant la fin des hostilités...
Page 103, 14 juillet 1917, Paris
Dans les premiers jours de juillet, le régiment fit mouvement vers l’Est et vint cantonner à Revigny. C’est là que je reçus le plus glorieux commandement de ma carrière. (...)

Pour remonter le moral des Parisiens, le gouvernement eut l’heureuse idée de faire défiler dans les quartiers populaires de la Capitale, à l’occasion du 14 juillet, les régiments titulaires de la fourragère. Étant à cette époque le capitaine comptant le plus de présence au régiment, le colonel me désigna pour prendre le commandement du détachement de 1 lieutenant et 40 hommes de troupe devant escorter le drapeau à cette revue de Paris. Honneur unique, incomparable, honneur extrêmement émouvant aussi !

En me remettant le drapeau après qu’il eût reçu les honneurs du 1er bataillon, le lieutenant-colonel Moisson pleurait... et je n’étais pas moins ému que lui ! (...)

Quoi qu’il en soit, la revue fut un inoubliable succès. Les détachements furent l’objet de délirantes ovations ; les Parisiens étaient "regonflés". Le gouvernement avait vu juste. Pour le retour du Lion de Belfort (place Denfert-Rochereau) au fort de Vincennes, chaque détachement eut liberté du choix de l’itinéraire et sur tout le parcours nous reçûmes toutes les marques possibles de sympathie.
Les lieux
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Le livre
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Ma Carriere Militaire
par Marcel Bourgoin


"Aujourd’hui que le temps a passé, je considère cette épreuve avec une certaine philosophie, mais les circonstances me hantent encore parfois. La question est souvent celle-ci : si je devais revivre cette triste période, comment agirai-je à la lueur de l’expérience. Et finalement, je conclus que je ferais ce que j’ai fait fidèle à la devise bien connue que j’avais adopté : "Fais ce que tu dois, advienne que pourra".

Estissac, le 10 septembre 1966

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Prix : 9,47 € (HT) + frais de transport, imprimé en 3 à 5 jours ouvrés

Copyright Marcel Bourgoin (Licence de droit d'auteur standard)
Première édition, publié le 20 novembre 2016
Langue Français
286 Pages
Couverture souple en dos carré collé
Impression intérieure noir & blanc
Poids 1,11 kg
Dimensions (centimètres) 21,59 (largeur) x 21,59 (hauteur)
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