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Jacques-Louis David
L’exposition « Jacques-Louis David » au Musée du Louvre marque le bicentenaire de la mort de Jacques-Louis David. Réunissant près d’une centaine d’œuvres majeures, elle retrace toute la carrière de ce maître du néoclassicisme, depuis ses débuts à Rome jusqu’à son exil à Bruxelles. Le parcours met en lumière non seulement la virtuosité technique de David, mais aussi la portée politique et morale de sa peinture. On y découvre un artiste profondément engagé, traversant Révolution, Empire et Restauration, oscillant entre idéalisme antique et réalisme dramatique, entre rigueur académique et ferveur révolutionnaire.Né à Paris en 1748, Jacques-Louis David se forme à l’Académie royale et remporte le Prix de Rome en 1774. À Rome, il s’imprègne de l’art antique et de la Renaissance, forgeant un style sculptural et sévère. Figure centrale de la Révolution française, il devient député à la Convention, proche de Jean-Paul Marat et de Maximilien Robespierre, et membre du Comité de Salut public — organe qui décide aussi des arrestations et des exécutions. Cette position révèle une tension fondamentale : peintre issu de l’académisme, David est aussi un acteur direct de la Terreur. Plus qu’un témoin, il devient un propagandiste de la Révolution, organisant fêtes civiques et images héroïques. Après la chute de Robespierre, il est emprisonné, puis se rallie à Napoléon, devenant peintre officiel de l’Empire. Ses convictions lui valent autant de gloire que d’exil : après 1815, il se retire à Bruxelles, où il meurt en 1825. À travers ce parcours, David incarne la tension permanente entre art, pouvoir et idéal.
Considéré comme le père du néoclassicisme français, David unit dans ses tableaux rigueur antique et intensité émotionnelle. Son œuvre exalte la vertu, le courage et la grandeur de l’homme face à l’Histoire, tout en révélant la fragilité des idéaux révolutionnaires. Derrière les héros et les symboles apparaît une figure plus complexe : celle d’un artiste extrémiste par conviction, convaincu que la violence pouvait servir un ordre nouveau, puis soutien d’un pouvoir impérial fort. L’exposition du Louvre révèle cette évolution — d’un art de la foi politique à une peinture de la mémoire — et fait apparaître David comme un artiste total, à la fois créateur, idéologue et acteur majeur de son temps.
Le dossier de presse de l'exposition
Commissaire général : Sébastien Allard, conservateur général du Patrimoine, directeur du département des Peintures
Côme Fabre, conservateur du Patrimoine au département des Peintures
Assistés d'Aude Gobet, cheffe du service Etude et Documentation du département des Peintures, musée du Louvre.