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l'invention du monde
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la fabrique des images
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la déconstruction du réel
"Là où le monde réel se change en simples images, les simples images deviennent des êtres réels."
Guy Debord
La Société du spectacle, I, 18 - 1967
"Sunt lacrimae rerum et mentem mortalia tangunt."
"Toutes les choses ont leurs larmes qui émeuvent le cœur des mortels."
Virgile, Énéide, I, 462 - entre -29 et -19
"L'art est dans l'air... inspire !"
Rue de l'Ourcq, Paris

Artof Popof (Alexis Ginzburg)
StreetArt - 2008
Les images qui structurent dans notre environnement relèvent moins ce monde que de l’imaginaire des hommes.
Entrelaçant récits, réalité, croyances, idées reçues, conventions, les images sont des constructions hybrides, fusion du réel et de l'imaginaire.

Des constructions imprégnées de violence. Objectivant les stéréotypes et les préjugés, les discriminations et les superstitions, les images sont des armes au service de la survie des communautés qui les produisent, des injonctions à en intérioriser les objectifs et les valeurs.

La puissance des images nait de leur rôle déterminant dans la construction des identités. Représentations symboliques des autres, de la nature, du temps, de l’altérité ou du sacré, les images cristallisent nos identités spirituelles, culturelles et sociales.

Êtres hybrides, mi-réels, mi-imaginaires, mi-anges et mi-démons, tout à la fois profanes et sacrés, expressions de nos identités personnelles et injonctions à nous fondre dans les identités collectives, les images nous construisent et nous animent tout autant que nous les construisons et qu’elles nous fascinent.
Dans un environnement saturé d’images, de quoi parle ce blog composé exclusivement d’images ?

Des images bien sûr.

De leur puissance symbolique, de leur pouvoir de cristallisation des stéréotypes et des discriminations, de leur rôle dans l’invention et la permanence du réel, dans la construction de nos multiples identités personnelles, collectives, spirituelles, culturelles et sociales.

De leur emprise sur notre esprit et nos identités, de leur faculté à nous séduire, à s’immiscer dans nos intimités, à contaminer nos désirs et à infiltrer nos rêves pour infléchir nos comportements.

De leur force subversive, de leur aptitude à déconstruire le réel tout autant qu’à le reconstruire, à balayer les idées reçues et à marginaliser les stéréotypes dominants pour en promouvoir de nouveaux.

De leur pouvoir normatif imposant aux individus de s’identifier et de se conformer à leurs injonctions sous peine d’être marginalisés, voir exclus par leurs semblables.
La dimension subversive du street-art nait de sa légèreté, rire qui ébranle les murs qui le supportent.

Un trait, un dessin, un pochoir, une image bousculent le conglomérat de béton et de conformisme que sont nos rues.

Par le déplacement subreptice des frontières symboliques, par la subversion d’espaces exclusivement dévolus à la propriété privée, à la vitesse et au non-être, le street-art crée des enclaves dans le monde, des instants de brutalité et de légèreté.

L’irruption spontanée de représentations sauvages dans un environnement saturé par la communication commerciale retourne la puissance des images publicitaires, en démonte les injonctions nous sommant d’affirmer notre singularité par la consommation de signes et de lieux standardisés.

La grâce ou la violence d’une image bouscule un environnement pensé au seul profit des flux et des investissements, déconstruit des identités et des lieux formatés par et pour la diffusion et l’intériorisation d’images consuméristes.